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UN PETIT ENFANT NOIR
Un pauvre petit enfant noir
Traîne, traîne sa misère
Un pauvre petit enfant noir
Crève, crève sans mystère.
Dans ce monde perdu
De la lointaine Afrique
Survivre est devenu
Maintenant héroïque
Dans ce bout de désert
Tout apparaît sordide
Pour les petits yeux verts
D'un estomac trop vide
Il cherche son destin
Celui de l'existence
Où pour longtemps la faim
Sera mise au silence.
Un pauvre petit enfant noir
Traîne, traîne sa misère
Un pauvre petit enfant noir
Crève, crève sans mystère.
Il rêve chaque nuit
Sur son tas de cailloux
D'un steak et d'un rôti
Ou d'une soupe aux choux.
Il voudrait une assiette
Remplie de nourriture
Ce serait une fête
Une douce aventure
Hélas dans son Afrique
La famine est bien là
La faim est la musique
Qui se chante là-bas.
Un pauvre petit enfant noir
Traîne, traîne sa misère
Un pauvre petit enfant noir
Crève, crève sans mystère.
C'est un morceau de pain
Qui sauvera sa vie
Qui calmera sa faim
C'est là sa seule envie
Dans ce vieil univers
Le profit fait sa loi
Il reste bien pervers
Pour ceux qui sont sans droit
Pendant que dans ma France
On jette des repas
Là-bas dans le silence
Un enfant crèvera.
Un pauvre petit enfant noir
Traîne, traîne sa misère
Un pauvre petit enfant noir
Crève, crève sans mystère.
Dans cet éden magique
Si vous passez un jour
Trouvez donc le parcours
D'un enfant squelettique
Vous verrez le chemin
Pavé de tombes grises
Un espace un destin
Où règne la bêtise
Il faudra désormais
Sauver cette détresse
Pour que ces mômes en vrai
Mangent, mangent sans cesse.
Un pauvre petit enfant noir
Traîne, traîne sa misère
Un pauvre petit enfant noir
Crève, crève sans mystère.
Non, nous ne reverrons
Ces images funestes
D'un gosse au ventre rond
Que la famine infeste.
Si les hommes, les riches
Faisaient un champ de blé
Sur leurs terres en friches
Nous pourrons fabriquer
Des tonnes de farine
Qui donneront du pain,
Et enfin la famine
Sera morte demain.
Alors le petit enfant noir
Vivra, vivra sans mystère
Alors le petit enfant noir
Oubliera la misère.
Alors le petit enfant noir
Enfin gardera la chance
De pouvoir courir chaque soir
Ce marathon, existence.
Alors le petit enfant noir
Alignera les printemps
La faim, ce triste désespoir
Est bien morte maintenant.
Dans un monde sans tourment
Tu dois vivre sans effroi
Tu en as désormais le droit
Grandit bien, petit enfant.....
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