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Il suffirait d'un rien,
Un rien au bord de vivre,
Au bord du vide,
Un rien,
À perdre l'équilibre.
Alors ...
J'ai épousé la mer, ses vagues et son langage,
Mêlé, méli mélo, mes sanglots à ses flots,
Et de fil en aiguille, meulée à ses coraux,
J’ai épuisé, pêle-mêle, mes larmes à son sillage.
J'ai frôlé les récifs sans phare dans la brume,
Hissé la voile au vent telle un grand cerf volant,
Et gonflée de ce large, livrée à l'océan,
À l'écume faseillante, délaissé l’amertume.
Il suffirait d’un rien,
Un rien au bord de l’ombre,
Au bord du sombre,
Un rien,
A perdre la lumière.
Alors …
J’ai mélangé mes yeux à des volées d’étoiles,
Longé le bleu filant des jours à bout de souffle,
Et dans les blancs lunaires où de l’amour s’essouffle,
Effilé souvenirs, ceux de sang et de soufre,
Aux filets lumineux d’une aurore boréale.
Alors …
Loin des foules moulées, meublées de solitude,
Feux follets fugitifs aux lueurs éphémères,
J’ai foulé, cendres chaudes, le sable des abers ...
Là, en pépites s’entasse, la seule vraie lumière :
Le soleil embrasé, en or de plénitude.
Suffisait-il d’un rien ? …
Marie L.T
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Novembre 2006
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