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La Vestale de Houdon - Musée du Louvre, Paris
Au seuil d’un portique dominant la Cité
Une vestale seule, au maintien délié,
Laisse errer ses regards au-delà des toitures,
Songeant amèrement à son triste futur.
Pour assouvir les plus ambitieux desseins,
Servir la cause d’un père patricien,
Affermir le renom de sa noble lignée,
Et gagner la fortune des Lares du foyer,
Depuis sa tendre enfance, à Vesta consacrée,
Elle a, comme ses sœurs, dû prononcer deux vœux :
Se garder chaste et pure au cours de trente années,
Vénérer sa déesse en préservant le Feu.
Si à l’un de ces vœux elle vient à déroger,
Une terrible fin lui sera réservée :
Dans un sombre caveau, se voir enterrée vive,
Cloîtrée, jusqu’à ce que la mort s’ensuive.
Lors des Fêtes et des Jeux que César organise,
Altière, elle passe, en toge blanche et grise.
Et si, sur son chemin, elle croise un condamné,
Il est en son pouvoir de le faire gracier.
La plèbe qui l’acclame et la jalouse un peu
Sait-elle la douleur que lui coûtent ses vœux ?
A l’heure vespérale où l’horizon s’empourpre,
Une belle vestale dans sa mante de pourpre,
Songe avec amertume aux joies de l’hyménée
Qu’un funeste destin la prive de goûter.
24 septembre 2005
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