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Il suffit d’un bourgeon près d’une feuille morte,
D’un jardin délaissé qui refleurit déjà,
D’un spectre du passé qui frappe à notre porte
Et laisse entrer la joie où on ne l’attend pas,
Pour nous rendre l’envie d’affronter chaque aurore
Avec autant d’espoir que quand nous n’avions rien.
Les démons acharnés nous surveillent encore
Mais nous voyons le mal se transformer en bien.
Ce que nul n’apprécie, que rien ne nous l’impose :
Nous avons à présent la force des taureaux !
Le printemps est jaloux de nos métamorphoses
Et la nuit nous envie nos calmes idéaux.
Les mots sont des prisons pour les âmes frileuses
Et des ailes parfois pour qui sait les aimer.
Nous ne redoutons plus les heures douloureuses
Ni les larmes du ciel, que nous savons calmer.
La vie s’insuffle en nous comme un torrent qui glisse,
S’enroulant fermement comme un long serpentin.
Voici venu le temps d’en goûter les délices
Et d’en cracher les maux comme d’amers pépins.
Voici venu le temps de la métamorphose :
La nature est gorgée des sucres maternels.
Les démons font silence et le temps se repose
Et nous sommes debout, puissants, et éternels.
Aquaura
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