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"Y’a longtemps que je tourne autour du pot
Mais ‘va falloir l’écrire ce texte mon salaud.
La pause a assez duré,
Je t’ai trop négligé,
Tu t’empâtes de mes veines sucrées,
Afin que ma conscience soit acidulée.
Mais les tablettes de chocolat
Ne me font du bien que dans l’immédiat
Quand je suis en hypo
C’est toi qu’irrigue mal mon cerveau.
Parce que tu crois que je vais faire des efforts
Pour toi faible corps ?
J’vais pas me mettre au sport
Pour éloigner ton triste sort !
Je voudrais me réconcilier…
Mais qui les as broyé Ces îlots de Langerhans
Quand on y pense ?
L’exterminator de cellules β
C’est pas moi.
Alors, c'est à toi
que j’ferai la gueule
Si j’deviens aveugle ;
Je veux bien te sourire
En échange rassure mon avenir.
Je t’assume
Mais tu me consumes
Je parle de toi
Mais ça ne me guérit pas ;
T’éveilles ma conscience
Mais ça ne diminue pas ma souffrance.
Corps en souffrance
Apprécie l’absence
Mais si j’t’oublie
Tu dérègles ma glycémie ;
C’est les remarques désobligeantes
Qui me hantent
Prises en pleine face
Que j’efface.
J’prends un peu d’alcool
Pour te faire tomber
Idée un peu folle
Tu t’es toujours relevé
Entre nous :
Tu tiens debout
Et cette fois-ci
J’t’en remercie
J’m’améliore
Pour qu’on vive encore
Pas comme tes anticorps
Qui n’ont rien compris
Et qui nous ont détruits
Quand sombre l’organique
L’âme aussi trinque.
Je veux bien m’assagir
Si t’améliore mon empire
De neurones
Et d’hormones,
De ressources humaines
Afin que je sois plus saine.
Si parfois j’te malmène
Récolte tout de même
Ce que tu sèmes
Et me révèle blême.
Quand j’dois sortir de mon lit
Pour remonter d’une hypoglycémie,
Franchement, je te maudis
Si et seulement si …
Rien d’écrit sur notre front
T’as raison
Mais tout de même de la discrimination,
Faute d’information,
Ça se voit pas / que j’suis diabétique,
Juste un peu sur mes bras / quand j’me pique.
Je progresse dans mon handicap caché
Valdinguant au travers de médecins sans respect,
Qui ne voit que toi,
Pour qui je ne compte pas.
J’me prends des claques,
Tu me tapes sur le système,
Mais sans toi j’serai pas la même.
Tu es ma moitié,
Peut-être un peu ébranlée,
Tu tiens le choc
Quand nos parties s’entrechoquent,
MYA : c’est nous,
Envers et contre tout.
Pourtant tu me prends aux tripes
Quand j’suis en bad trip,
Quand mes reins acidifiés
Ankylosés de déchets sucrés,
Quand mes yeux se troublent
Et que j’tombe dans la foule.
J’ai des cuisses d’acier
A force de m’injecter
La matière que tu ne peux pas produire.
Tu as effacé certains sourires,
Je ne suis plus si naïve,
Parce qu’il faut bien que je vive…
Je ne mange pas trop sucré,
Pas gras,
Pas salé :
Qu’est-ce qu’il me reste pour me consoler ?
Ma maigreur squelettique,
Si j’me traite pas comme une diabétique ?
Alors on s’en remet à qui
Corps meurtri ?
On se tourne vers les autres :
Chercheurs apôtres
Qui tiennent notre destin
Entre leurs éprouvettes et leurs mains,
Parce que les diabétiques,
Ça leur rapporte du fric.
J’en ai marre d’attendre,
Refuse de me pendre :
Il va falloir qu’on s’allie
Pour vivre à tout prix ;
Savoir profiter
Et moi à me raisonner….
Une minute de silence,
Pour mes îlots de Langerhans,
Cellules β,
Direction pancréas.
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