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Amour neigeux...
Il neige ce matin sur notre amour né « jeu »
Le ciel enveloppe la ville de son manteau brumeux
Les flocons déposent leurs étoiles sur les carreaux
Mes pensées s'étirent sur la dentelle des rideaux.
Les oiseaux volent en désordre, comme affolés
Les branches plient, toutes de givre, cotonnées
C’est l’hiver, et dire qu’on l’avait oublié
Le Forsythia disait même qu’il s’en était allé.
Les voitures disparaissent sous leur housse blanche
Les enfants, réjouis, se disent que c’est dimanche
Enfin, résonnent leurs cris sur la place endormie
Recouvrant de poudre leurs regards éblouis.
Que ne suis-je encore aux portes de l’enfance
Pour ne plus cueillir en moi, les fruits de la souffrance
Guère de souvenirs d’une belle insouciance
Les jeux étaient brimés, toujours sous surveillance.
Il neige ce matin, sur notre amour neigeux
Mes souvenirs frissonnent au jardin hivernal
Il était vrai, authentique, quoiqu’un peu silencieux
Hurlant aujourd’hui dans le vent, sa défaite glaciale.
Le grand sapin décoré, de la maison d’en face
Baisse les bras, nappés de crème mousseuse
L’envie de m’enfuir creuse mes joues cafardeuses
Sur la route du temps, se déchire ton image fugace.
Pas question de « jeu », bien sûr, dans notre histoire
Tombés sous le feu de notre ardente mémoire
Nous étions nous retrouvés, au bord d’un passé éternel ?
Le présent le sait maintenant, c’était un piège réel.
Ton exil aux Enfers m’oppresse la poitrine
Mon exil aux Enfers décolore ta mine.
Du traîneau du destin, tu dois dompter les rennes
Tu m’as appris l’espoir, me délivrant de mes chaînes
Il reste encore en moi, comme au tout premier jour
Ne maudis pas, je t’en prie, ce que fut notre Amour.
Il neige ce matin sur les amours neigeuses
Le ciel enveloppe la ville de sa cape brumeuse
Les flocons pochent leurs étoiles sur les carreaux
Mes pensées se brodent sur la dentelle des rideaux.

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