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Le visiteur nocturne
Ami, chante pour moi ! Avec obéissance
je frapperai tes mots aux touches du clavier,
la nuit est déjà là, c'est l'heure de la chance
et notre chant commun s'écrit sur le papier.
Je ne sais d'où tu viens mais je crois que la lune
est peut être le nid d'où tu viens de tomber,
ton balcon dans le ciel, ta dunette, ta hune,
descends dans mon jardin nous pourrons bavarder
Ne reprends pas tes mots, garde cette cadence
et parle un peu plus haut encore s'il te plaît
je t'en prie ne pars pas je sens que la distance
entre nous s'accentue, que tu veux t'envoler !
Car tu vas repartir sur tes chemins d'errance
suivre les oiseaux blancs aux plages de l'été
reste encore avec moi, avec impatience
j'attends cette chanson que tu dois me dicter
De quoi parlions nous, de quelles fulgurances
de quels astres obscurs, de quels cieux désertés
de quels rêves perdus, de quelles espérances
ou du grand tourbillon qui va nous emporter ?
Que disais tu du vent, que disais tu des vagues,
que disais tu des mers où sombrent les voiliers
de ces pays lointains où libre tu divagues
chevauchant dans ta mort comme un blanc cavalier ?
Que disais tu des fleurs où avec les abeilles
tu cueilles le nectar aux matins de printemps
que disais tu du ciel où avec l'hirondelle
tu traces les zig-zags annonçant le beau temps ?
Mais quoi, j'ai du rêver, dans un instant d'absence
mon esprit s'est ouvert aux souffles de la nuit
je t'ai senti venir, j'ai perçu ta présence
maintenant je suis seul ... et déjà je m'ennuie !
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