|

Ce soir encore, mes mots noircissent le papier velin
Plutôt de papier machine, sur mon bureau écritoire.
Sur lequel je dépose, encore, un peu de mon histoire
Avant que je ne m'éveille plus, en mon ultime matin.
Comme un gosse du conte de Perrot, au hasard du chemin
J'ai semé mes idées, cailloux de rêves anciens, illusoires
Turpitudes des jours, et aussi mes plus doux espoirs
Qui écrivent ma vie, trace indélébile de destin.
Quelques mots encore, parce que tout est " mes aventures"
Et que dans la coagulation de ma mémoire, subsiste la blessure,
Celle qui ne s'éfface pas et qui reste à jamais cruelle torture;
Parce que ma trop forte sensibilité, souvent, me fait injure.
Quelques mots encore, pour écrire ces colères mal éteintes
Qui pèsent sur la balance de mes jugements trop rapides
Mes pensées du fond du temps, de moins en moins limpides.
Plume candide, sans hypocrisie, quand son encre suinte.
Quelques mots encore, pour tous ces enfants, trompés!
Qui perdent leurs repères et s'en sentent alors bafoués.
Vos coeurs d'encre battent sur mes feuilles tachées
Murmures de vos mots enracinés à fleur de pâte à papier.
Quelques mots encore, pour vous parler de l'espérance
Qui est à la fois mienne, celle d'un autre et de tous réunis.
Dans ma vie et dans mes acts son image souvent m'assagit
Espoir qui s'écrit, qui se chante, qui calme les souffrances.
Quelques mots encore, pour prouver que du fond de mes silences
Mes mots se font douceur ou poignard mais jamais, non,
Complices ni bâillon;
|