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Ce n’est pas un chagrin, ce n’est qu’un souvenir
Qui pleurera longtemps avant de s’endormir.
La nature a repris les couleurs de l’automne,
La plus douce saison. Et la nuit qui descend
Me ramène l’écho d’une voix qui résonne
Tandis qu’une autre voix dit qu’il faudra du temps.
Ce temps que je n’ai plus. Les jours, les mois s’entassent
Et passent sans passer, en cortège incessant.
C’est une maison vide où je n’ai plus ma place,
C’est un enfant perdu qui cherche son présent.
Mon sang, glacé ce soir comme si, près de toi,
J’étais déjà couchée dans la terre stérile,
Vient barbouiller les murs de mon avenir froid
Et de mon passé lourd comme un poids inutile.
Ce n’est pas un chagrin, ce n’est qu’un souvenir
Qui pleurera longtemps avant de s’endormir.
Il ne me reste rien que des mots dérisoires :
Les verbes que j’emploie ne s’emploient qu’au passé
Et l’hiver qui revient m’enveloppe ce soir,
Comme fait un linceul, de son manteau glacé.
La nuit viendra tomber en cascade à mes pieds
Et, comme un être humain, chaque meuble respire.
Chaque jour brillera de l’éclat de l’acier :
Je suis le plus haut mât d’un bateau qui chavire.
Ce n’est pas un chagrin, ce n’est qu’un souvenir
Qui pleurera longtemps avant de s’endormir.
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