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 J’avais vêtu pour toi mes habits de lumière
Voir tes yeux scintiller en se posant sur moi !
J’avais mis des couleurs au bord de mes paupières
Voir naître ton sourire en m’approchant de toi !
J’avais lié des bouquets de mots et de sourires
Que j’aurais déposés au gré de ton plaisir,
Répété des mots fous pour entendre ton rire,
Inventé des chimères pour combler tes désirs
Mais tu n’es pas venu…
Mon cœur l’avait senti avant que de l’apprendre ;
M’avais-tu oubliée ? - mes rêves ont goût de cendres -
Que tu ne viendrais pas, ne l’avais-je toujours su ?
Mais de l’imaginer me servait d’élixir,
Là-bas, si loin et seule, où il fallait tenir.
Alors, j’ai conservé mes habits de lumière,
Ajouté des paillettes au coin de mes paupières,
J’ai lentement défait mes bouquets, mes rubans,
Eparpillé mes mots et mes sourires charmants
Et je les ai donnés à ceux
Qui voulaient bien en recevoir un peu
En échange des leurs
Tu ne viendras jamais me prendre par la main,
Je ne mêlerai plus les fils de nos destins.
1998 texte protégé
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