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UN AFFREUX SOUVENIR
Il reste là, pesant, étranglant mon histoire
Il piétine déjà tel un cheval pouffant
Il étouffe le temps, il bloque ma mémoire
Sur le calvaire blanc de mes rêves d’enfant.
Ambassadeur des nuits, ô ! Prince des déboires
Vas-tu quitter mon lit, mon espace au présent.
Il esquinte le soir, me laisse ses pourboires
En pourrissant d’ennui mes doux songes d’amant.
Dès lors, lorsque minuit s’annonce à l’abordage
J’appréhende un moment l’heure de m’endormir
Sa présence suffit à manquer le voyage
Sur ce tendre chemin qu’il faut découvrir.
Voilà cet accident, ce funeste présage
Qui m’empêche de croire enfin à l’avenir !
Et je vis chaque jour, je suis comme un otage
Dans les bras filandreux d’un affreux souvenir.
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