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Il avait toujours rêvé d’être un grand homme grand,
Or il n’était qu’un tout petit bout d’homme, et encore !
Il aurait suffi d’un simple coup de gomme et, mort
Parmi les morts qui jonchent les grands espaces blancs
Du poème, il dormirait encore à poings fermés,
Sur ses lauriers, tout en suçant son pouce, en dehors
De l’espace-temps séparant la réalité
Des rêves de cet enfant qu’il a toujours été.
Celui qui noircit la page arrachée au néant,
Qui joue avec le feu sans connaître de remords,
Le fou de Dieu, le sage à l’état sauvage hurlant
A la vie, à la mort, comme on prie ou qu’on implore
Agenouillé aux pieds de quelque divinité,
En admettant qu’il grandisse un peu plus chaque année,
En supposant qu’il rêve un peu moins dans le présent,
A quoi bon lui servira sa vaine renommée
Quand ne sèchera plus la couleur bleue de son sang ?
Michel Duprez
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/1674/liste.html
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