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Sur le passant de mon jean
Serré comme un bas de soie
J'ai accroché un grelot
Qui sonne quand je piétine
Attirant derrière moi
Le regard des badauds
Il chante une comtine
Eveillant quelque émoi
Chez les passants au sang chaud
Guettant au bas de mon échine
L'esquisse d'un "suivez-moi,
Venez goûter ma peau"
Mais telle une ondine
Je déambule le regard froid
N'offrant que le son de mon grelot.
Et comme une églantine
Je pique parfois
Ceux qui osent frôler ma peau
Et, plantant mes épines
Dans la pulpe de leurs doigts
Je les salue de très haut.
Avril 2008
Monsieur sourire
Mon coeur faisait des vagues
Le vent soufflait dans ma tête
Comme à grands coups de dague
C'était déjà la tempête.
Toi, Monsieur, tu me regardais
De mon brouillard je te voyais
Toi, Monsieur, tu me souriais
Le vent et les vagues s'apaisaient.
Je ne sais rien de vous
Je ne sais pas qui tu es
T'aurais-je appelé vous
Si tu m'avais abordée ?
Vos yeux étaient-ils bruns ou bleus ?
Ta voix était-elle douce Monsieur ?
Peut-être étiez-vous malheureux ?
Ton sourire a peint tout en bleu.
Je t'ai revu chaque jour
Tu étais mon arc-en-ciel
Dans la grisaille des jours
Une douce odeur de miel.
Sans le savoir Monsieur, tu es
Le soleil qui m'a réchauffée
Après l'indifférence glacée
Qui m'effrayait, me menaçait.
Pour sourire c'est bizarre
Comme vite on se décourage
Une grimace est moins rare
Dans ce monde où tout est rage.
Chaque jour rendez-vous de délire
Amitié, sympathie, désir ?
Oui, j'ai enfin pu découvrir
Comme il est bon de se sourire.
Vous avez un jour disparu
Et je ne t'ai jamais revu
Dans mon coeur tu demeures, Monsieur
J'y pense, je souris, tout est bleu.
22.02.1983
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