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Mais qui donc t’a appris à dire ces mots-là ?
Vois-tu, ce sont des mots qu’ici on ne dit pas.
Ici, on ne dit rien. On souffre et on se tait.
On essaie de sauver le peu qu’ils ont laissé.
Mais dis-moi, d’où viens-tu pour parler de la sorte ?
La peur a remplacé l’audace, qui est morte
Dans nos cœurs. Dans nos yeux, ils veulent effacer
L’image de ce mot que tu dis – liberté.
Ils veulent supprimer ces dangereux sourires
Qui parent quelquefois les lèvres des martyrs
Et nous faire oublier que nous sommes des hommes...
Ils veulent effacer notre mémoire en somme.
Dis-moi, dans ton pays, y a-t-il des esclaves ?
Tout le monde vit-il tout le temps sans entrave ?
Tout le monde peut-il vivre toujours debout ?
Dis-moi la liberté autrement qu’à genoux.
Ici, il faut sans cesse inventer des excuses,
Apprendre la sagesse et apprendre la ruse,
Apprendre les mensonges... Vivre dans la terreur
Mais ne jamais montrer, surtout, que l’on a peur.
Ne dis pas ces mots-là. Ici, c’est interdit.
Ils pourraient m’enfermer pour ce que tu me dis.
Révolte, opposition, refus – la liberté,
Il n’y a que la mort qui puisse l’apporter.
Mais un jour, devant nous qui manquons de courage,
S’élèvera quelqu’un qui connaîtra la rage
Et qui n’aura pas peur de dire tous ces mots
Et de leur donner vie et d’en faire un drapeau.
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