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Ô ma déesse !
Fais moi de tes tresses
Un grand lit de liesse
Voue-moi à la paresse
Et doucement le rideau abaisse
Pour que rien ne paraisse
Souffle un vent de caresses
Afin que mes rêves naissent.
Quand la lumière baisse
Fais venir tes abbesses
Et qu'elles donnent une messe
Que leurs murmures me bercent
Pour que plus rien ne me blesse
Et que viennent la faiblesse
Et les langueurs de ta confesse.
Si tes lettres de noblesse
Sont en ce monde pêcheresses
J'en ferais des princesses
Afin qu'aucune ne te délaisse
Et que leurs corps se laissent
Mener jusqu'aux prouesses
Qui doucement bouleversent.
Je distribuerai tes largesses
Et guiderai toutes ces jeunesses
Elles feront voeu et promesse
De servir jusqu'à la vieillesse
Le plaisir de ton infinie sagesse
Je serai ta prêtresse
Car plus rien ne presse...
22.06.1988
Sélène
Ce soir la lune est verte
Ele est sauvage et insoumise
Elle semble immobile, inerte
Mais je la sens rebelle, indécise
Ce soir je suis l'astre de la nuit
Et comme elle je veille quand tout dort
Tandis que tes paupières lourdes d'ennui
Doucement se ferment, je veille encore
L'horloge du temps se fait plus précise
Pourtant Sélène est intemporelle
Sur elle lesans n'ont pas de prise
Astre nocturne à l'humeur sensuelle
Berçant un Pierrot fou de passion
Luminescence pâle inaccessible
Source de tant d'émotions
Semblant chercher ailleurs l'impossible
Disparaissant dans l'aube naissante
Commme l'arc opalescent après la pluie
Pour se faire plus qu'envahissante
Lorsque reviendra la prochaine nuit
Ce soir je serai l'astre vermeil
Qui veillera sur ta nuit.
23 Mai 2008
Larmes
Fleur d'écume, fine goutelette
Tu roules sans pudeur sur ma joue
Née d'une émotion trop intense
Unique goutte, toute rondelette
Tu glisses jusque dans mon cou
Comme une perle qui danse
Issue de cette joie me submergeant soudain
Joie de lui appartenir enfin.
Perles comme rosée, abondantes
Vous jaillissez inondant mes lèvres
Dansant votre farandole
Et ma bouche devenue tremblante
Où se mèlent sel et fièvre
Se fait désespérément folle
Car de ce nous qui n'étions qu'un
Il ne restera bientôt plus rien.
Juillet 2008
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