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J’ai gardé ( hommage à Wendy )
J’ai gardé là sous mon front ces premier mots
ceux qui réveillèrent ma poésie, celle qui dormait en mes tiroirs,
La grande toile du net jetant ses amarres sous les toits des maisons
où bien des regards attentifs s’animaient sans que je puisse les voir.
La toile avait soudain donné vie à ma plume.
Tu fus la première à me lire, souvent douloureusement attentive,
Tes mots furent parfois féroces, repoussant avec rage mes noirceurs,
Ils furent aussi dociles, quêtant le moindre de mes faux pas.
Poème triste, joyeux ou mélancolique, tu étais toujours là,
Je t’ai aimé d’amitié, je t’ai haï aussi, mais peut on haïr vraiment,
Peut ton haïr une âme dont ma plume l’aurait griffée sans le vouloir, non, pas vraiment.
Tes mots ont joué avec les miens, s’embrassant, ne faisant qu’un seul chemin,
Tu me donnas ce courage, celui d’écrire mes pensées enfouies, éclairant
ces ombrages que tu avais tant maudits.
Je veux te rendre hommage aujourd’hui, toi qui depuis longtemps me suis,
Du premier jour à ce jour qui donna vie à ma plume.
Les jours passeront encore avec ou sans fardeau, je sais que tu seras encore là,
silencieuse souvent, mais là, quelque part ou se promènent les saisons
où le temps, tel le ruisseau, s’écoule comme il peut en son sillon.
Etrange cette toile où les mots des hommes voyagent si loin,
étranges ces mots qui, d’un si long voyage, viennent se poser en bien des cœurs.
Que diraient nos grand poètes, hélas disparus, de ces averses de mots sur la terre,
Quelles larmes aurait versé ton cœur au détour de leurs vers,
sans doute toujours les mêmes blessures aimantées à ta chair.
Nous regarderons encore ensemble, venant de tous les horizons,
cette poésie aux mille visages dispersant leur joie et leur chagrin,
je lirai encore tes mots, ceux qui viennent de tes maux,
de tes joies, de tes espérances, de tes désillusions .
Et puis un com. au bas d’une page, entre deux silences,
Nous !
Toute mon amitié, toi qui fus la première à me lire .
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