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Onze Novembre
Quand j'étais tout petit on fêtait la Victoire
Mon grand-père en parlait avec humilité
Sans rien de triomphal ou de déclamatoire
En pensant aux amis qui y étaient resté.
Mais quand j'avais dix ans c'était une autre histoire
Pas de fête bien sur, le père prisonnier
Toute célébration paraissait dérisoire
Sur la carte on suivait les progrès alliés
Et puis ce fut la paix mais non pas dans la gloire
Le monde était trop lourd de ces jours sans pitié
On désirait l'Europe sans beaucoup y croire
La haine peu à peu devenait amitié
Et pourtant chaque année c'était la même fête
On parlait de drapeaux, de poilus, de patrie,
De gloire, de héros, on se montait la tête
On y croyait toujours, on n'avait rien compris.
Et pourtant, mes enfants, la chose était bien claire
Dans ce combat idiot ni vainqueur ni vaincu
Les morts des deux cotés peuplaient les cimetières
On les avait trompés, c'étaient eux les cocus !
Et j'attends de tout coeur qu'au nom de la Mêmoire
On change de discours, et ne parle jamais
Plus de gloire, de triomphe ou de Victoire,
Qu'on demande pardon à ceux qu'on a trompés !
Adieu les défilés et les marches guerrières,
Que le recueillement et la fraternité
Regroupent en ce jour l'Europe toute entière
Et que la fête soit LA FÊTE DE LA PAIX !
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