|
C’était l’été
Et s’étalaient les carcasses enduites
Qui donnaient à la plage
Une couleur mi-chaire mi-cuite
Alors que je tournais les pages
Des rêves de Bunker Hill
Dans lesquelles j’avais trouvé l’exil
J’observais…
On bronzait bardés de petits tissus
Certains chauves et blanc comme des culs
Et derrière le verre fumé des lunettes
L’hypocrisie des regards malhonnêtes
Se posait sur l’étal des sans gênes
Bouffis de lumière cancérigène
Dans l’eau juste à coté
Les algues surchargées
des acides toxiques
Dans l’iode planées
les fragrances uriques
ça joue à la ba-balle
ça se douche en sandale
Le vidal à porter de main
Pour parer à la psychose
des espaces en commun
Où végète la mycose
Et le soir venu, quand la peau n’en peut plus
Au buffet on se presse, avide
l’écuelle, on la charge, on la vide
Puis c’est la discothèque, on se bouge
Histoire de digérer la viande et le rouge
S’agglomérer dans la transpiration malsaine
Espérer se reproduire avant la fin de la semaine
C’était l’été
Et s’étalaient les carcasses enduites
Qui donnaient à la plage
Une couleur mi-chaire mi-cuite
Alors que je tournais les pages
Des rêves de Bunker Hill
Dans lesquelles j’avais trouvé l’exil
J’observais…
|