|
ECRIRE?
Ecrire est charmante manière
D’enjoliver des temps muets,
De commune ou gente matière
En comptines, en menuets ...
Exprimer la pensée entière,
Epousseter, couci, couça,
Une ombre grise « chipotière»
Vertement ou cahin caha!
Sur le papier coucher le rêve,
Au priori, le cauchemar,
Du gâteau s’accorder la fève,
Voguer, en gondole, à Colmar!
Peindre, en spirale, la volute
D’un havane au bec de Churchill,
Un hère, hâve, en sa cahute
Ou la toundra au bord du Nil ...
Se proclamer chef de gargote,
Ou de caïds, de tout blasés
Venus courir la galipote
Et repartis, dévalisés ...
S’il advenait qu’un amputé
Ne sache plus, en prose, lire ...
Que, par mes vers, il soit tenté,
En chanteur! il pourrait m’élire ...
Pour ignorer s’il se répète
Les mêmes mots, d’hier, d’antan,
Il ne relit pas, le poète,
Son coeur ne change pas d’autant!
(16 août 2008)
***
VIDE-GRENIER...?
De tous vos rossignols, personne ne veut plus!
Amateurs et marchands vous peinez pour attendre.
Faîtes voter la loi forçant aux superflus !!!
Mon conseil ... est donné, à suivre ..., pas à vendre.
«Il serait édicté que chaque individu
Doit posséder sur lui, chez lui, dans chaque chambre,
Un objet superflu… changé! s’il est perdu :
Une lampe pigeon, un joug, un collier d’ambre
Un portrait de Pie Douze et dix disques d’Ouvrard
Une chignole à main, un robinet de cuivre,
Une enseigne de rue, en chêne, un vieux placard. »
La vétusté, c’est beau…, nécessaire ! pour vivre ?
Il n’est pas de maison ou soit vide un tiroir
Même la lessiveuse ... à la trésorerie,
On y conserve un titre ? en fortune à valoir…
Sué par quelque aïeul… dans quelle métairie ?
Pauvre : c’est le besoin. Riche : on veut tout changer.
Conservez le bijou caché dans la poussière,
Vendez, seul, le fatras, à vos coeurs étranger… ...
Garder les souvenirs : une aura de lumière!
Par vos aïeux construits, remplis et désertés,
Rêvez au vieux grenier, immense ou de mansarde,
Dans les combles, humez des airs d’hérédités,
Que vous soyez puissant, fortunée ou poissarde!
L’ancien, désuet, à vos yeux n’a plus cours
Fatigué… du présent, la nausée ... on bazarde !
La modernité file et change tous les jours… ...
Ne videz vos greniers ! Le temps, ça se regarde !!!
Jean Alteroche
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=alto
|