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Dessine-moi un mort…
Pas un vrai, un faux… comme les vrais…
Enfin qui n’aurait pas vécu... pas souffert…
Propre.
Dessine-moi un mort…
Noyé… qui aurait tenté de rejoindre la surface…
Qui aurait refusé de toucher le fond…
Miraculé de nos algues tentaculaires.
Dessine-moi un mort…
Sans souffle… plein de nos airs…
Qui aurait tant voulu avoir l’air…
Asphyxié l’air de rien.
Dessine-moi un mort…
Qui n’aurait pas été beau… qui n’aurait pas été grand…
Qui aurait gratté sans gagner…
Cadavre sans teint, livide et grotesque enfin comme les autres.
Dessine-moi un mort…
Apaisé… content d’être là… sans dieu rédempteur,
Symphonie du silence,
Feu bouquet final.
Vivant !
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