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Les conquérants
Donc il est temps : tournons la page.
L’heure nouvelle cogne à l’huis,
Brûlons les vieilles harmonies !
Soyons en tout fous et volages.
Les bateaux ivres au rivage
Rongés… fracassés… tant pis !
A l’océan, jetons aussi
La muse et ses chers équipages.
Sur les ruines des vieux pays
Nous construirons notre Babel
Nous serons les maîtres du ciel
Jusqu’à envahir l’infini.
Nous distillerons des breuvages
Plus amers que fiel ou que mort
Et les peuples crieront « encor »
Sans voir l’étendue du carnage.
Quelle importance ! Orphée est mort.
Nous avons soufflé tous les astres
Mis à l’encan les vieux décors
Jéricho sonne les désastres.
Les temps sont morts d’être compris
O poésie ton long veuvage
Va durer plus que mille nuits
Va durer le temps d’un naufrage.
Donc il est temps : tournons la page.
L’heure nouvelle cogne à l’huis,
Eloignons nous de ces rivages
Où coule par trop l’ambroisie*
*Car André Breton s’y ennuie.
SMR
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=lautrecotedumiroir
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