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Les nuages s’obstinent au ciel de ma mémoire
S’étirent les longs jours d’une saison lancinante
L’automne barbotant, chausse des bottes noires
Pataugeant dans la boue de l’ondée fulgurante.
Tout est triste dehors
Les oiseaux se sont tus
Novembre inondé se tord
Un chagrin tombe des nues.
Mes pensées s’égarent au paradis perdu
De l’été oublié, d’où ses mots sont venus
Juste faire un détour, seulement le distraire
Tandis que mon cœur, lui, s’ébrouait de lumière.
Tout était beau dehors
Les papillons dansaient
Autour des boutons d’or
Ardent, le désir butinait.
Mon corps l’appelle encore, mais il ne le sait point.
Son sourire a pâli, que lui a fait le temps ?
Ce regard trop soucieux me surprend en chemin
Et je me demande si le bonheur l’entend.
Je ne puis, ne le veux
Vers ce puits ténébreux
M’en aller avec lui.
Il me semble si peu
Très épris de nous deux
Mais plutôt de son jeu.
Fini les champs de blés, le mois des tours de paille
Qu’ils manquent à mon âme ses discours amoureux !
La tristesse effiloche mes regrets poussiéreux
Creusant une brèche au fond de mes entrailles.
Les mois passent
Rien n’efface
Cet éclair qui désunit
Nos deux vies.
Les nuages s’enfuient au ciel de ma mémoire
Chassant les longs frissons d’une douleur cuisante
L’automne, tout tremblant, traîne ses bottes noires
Pataugeant dans la boue de l’ondée permanente.

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