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Salut à toi, grande et majestueuse Pirogue
Sur cette plage où tu es seule, où tu loges
Permets-moi de chanter avec respect tes éloges
Oui ! Permets à ton vieux serviteur, Pirogue !
Bien des années se sont passées sur tes vogues
Comme le sable qui t’enfouit et dans lequel tu patauges
Mais, sans effacer de ta mémoire tes belles toges
Et ton amour de l’océan comme un océanologue
Du temps où par ton courage tu défiais les flots
Du temps où tu glissais royalement sur ces eaux
Que dis-je, quand parmi les tiens tu étais l’unique
Et que tu fendais les lames pointues telle une pique
Tu fus leur fierté hier, toi aujourd’hui ignorée
Tu fus bien plus, pour être ainsi récompensée
Non ! Mes vers dans l’oubli ne pourront te laisser
Ils poliront tes derniers jours pour t’ouvrir à l’éternité
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