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Je veux chanter ta chair
Comme on fête un avril
Le vent est bon Le vin est doux
Il fait beau Ca promet
Mon temps n’est pas perdu
S’il se perd en tes bras
Yaël
Tu as vécu des forêts
Qui n’avaient pas d’orée
Et dont j’essaye aujourd’hui
D’écimer les taillis
Désentêter les chênes
Ta main cet écureuil
Souvent s’en vient
Trouver refuge
Dedans ma main
Nous allumons des feux
D’artifice et de joie
Dans le secret des draps
Qui sait d’où vient en nous
Ce geyser d’embrasser
Ou de quel recoin de grisou peut jaillir
L’étincelle affolée qui nous court sous la peau
Peut-être bien
Que l’on blesse la terre
A vouloir trop l’ensemencer
L’enfance est une biche que hantent les chasseurs
Qu’ils nourrissent ou qu’ils tuent
Elle n’en sait jamais rien
Et toujours et d’abord elle tremble de voir
La main qui se présente et le poing qui menace
Alors en chœur posées nos lèvres
Colmatent un peu
La brèche avide du manque d’amour
On est seul où l’autre
N’a pas encore
Porté la main
Tourné les yeux
Saisi l’envie
On est toujours seul
Orphelin d’un sourire
Et c’est pourquoi d’aimer
Le miroir nous bâtit
Yaël
Je veux chanter ta chair
C’est déjà l’infini
21 novembre 08
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