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25 novembre : Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes
Tu t’es pointée dans nos bureaux,
On a pensé : « C’est un peu tôt ! »
Tu as surgi : midi et demi,
Pour notr’ café, c’était « tant pis ! »
Mais quand j’ t’ai vue, j’ai bien compris
Qu’ ce n’serait pas une simple info,
Que notr’ porte, tu l’avais franchie,
Car cette fois, c’était une de trop !
Tu venais pour savoir que faire
Pour mettre fin à cet enfer !
Des femmes passaient parfois nous voir,
L’air fuyant sous leurs lunettes noires,
Même qu’en j’tant un regard au ciel,
J’ pensais : « Curieux, y a plus d'soleil !!! »
A peine vingt ans,
Toi, tu es v’nue à visage nu
Portant les traces des coups reçus :
Ton menton était recousu
Et ton nez plus qu’égratigné,
Tes propos étaient décousus
Et clignotaient : « Mortel danger ! ».
Quant à ton arcade sourcilière,
C’ n’était pas l’ coin du frigidaire
Et sous ta peau, des bleus éteints
Traces de coups déjà plus anciens...
Dans ton regard, cet air traqué
De celle qui n’ pense qu’à se sauver
Toute prête à s’enfuir n’importe où
Pour échapper à tous ces coups.
Mais tu ne voulais pas porter plainte
De peur que tes bourreaux s’ repointent.
Et dans ce cas, nous savions bien
Que les juristes n’y pourraient rien.
Le méd’cin qui t’a recousue
A-t-il voulu en savoir plus ?
Ou s’est-il juste contenté
De t’ rédiger une I.T.T. ?
On a cherché comment t’aider
Pour te sortir de ce guêpier ;
Il a fallu briser le mur
Qu’affichait ton regard si dur …
On a appelé des partenaires
Pour voir comment on pouvait faire.
Heureus’ment il y a un réseau
Qui est prêt à tenter c’ qu’il faut :
Quatre personnes veillent maint’nant sur toi
Pour te sortir de c’ mauvais pas …
J’ai su que tu avais « choisi »
De r’tourner vivre avec ceux qui
T’avaient mise dans cet état là …
Y’ a des jours où on ne comprend pas !
Y’a des jours où on ne sait plus !
Qu’est-ce qu’on aurait pu faire de plus ?
Qu’est-ce qu’on aurait dû faire de plus ?
Peut-être qu’au fond tu n’ savais pas
Où aller ni que faire de toi ?
Peut-être… les aimais-tu quand même !
Peut-être …était-ce leur façon d’ dire : « On t’aime » ?
Faut-il penser que c’ n’est pas plus mal ?
Vu que c’est tout près …d’un l’hôpital !
Jugent-ils que ton sang sur leurs poings
Ne f’rait pas d’eux des assassins ?
Pensent-ils, parc’ que tu es une femme,
Que ça n’ serait pas un drame ?
…
Je m’ d'mande parfois si on te reverra
Si tu r’viendras nous dire comment tu vas ?
J’espère souvent que c’ qu’on a fait
A eu pour toi un peu d’effet …
J’espère parfois que c’ n’était pas rien,
J’veux croire seul’ment que ça n’est pas en vain !
25 Novembre 2006 
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