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SOLITAIRE
Une étoile a filé tout là-haut dans les cieux,
Mon cœur a frissonné regardant l’annulaire
Où rayonne l’éclat d’un brillant solitaire,
Qui se ternit soudain en évoquant l’adieu.
Cet anneau surmonté d’une si fine pierre,
Symbole de l’amour que tu m’avais donné
Un matin de juillet quand tu as fredonné
Ce «ne me quitte pas», délaçant ma guêpière,
A ce soir une ardeur aux multiples vertus,
Comme un refrain banal de souvenirs passés,
Un parfum envoûtant qui ne saurait lasser,
Une réminiscence de fruits défendus.
Une étoile filante a traversé le ciel,
Et la nuit tout à coup s’en est illuminée.
Solitaire je suis, mais vers l’estaminet
Je chemine en rêvant aux amours qui m’appellent,
Car, j’ai de longue date aboli la morale
De la bourgeoise aigrie, soi-disant bien pensante,
Dont le mari frileux, vient, à la nuit tombante,
Se nourrir de ma chair, s’abreuver à mon graal.
Mais si j’ai bien au coeur, de l’amour la richesse,
Et le corps à jamais modelé de tes mains,
Je paie un lourd tribut, pour faire que demain
Je déjoue à jamais les fragiles promesses.
Sans nos jeux amoureux je reste solitaire,
Que n’ai-je donc vécu semblable à ces abbesses,
Pour que tu m’abandonnes sans même une adresse,
La tienne, au pis aller, celle du diamantaire !
Depuis lors, je fais fi des quolibets d’usage.
En perdant ton amour, j’ai perdu tout élan,
Le ruban de ma vie s’offre lascivement,
Aux griffes enfiévrées des amants de passage.
Je révèle ma peau, si douce et parfumée,
Dont le velours, antan, te faisait t’enflammer.
Ils prennent à mains nues et croient me posséder,
Bien malin celui qui saura me réveiller.
J’évolue dans un monde aux miroirs déformants,
J’avance lentement, ne laisse aucune prise,
Je veux juste rêver, et que la nuit me grise,
Pour oublier qu’hier je vivais de serments.
Mais ils n’auront jamais ma fierté insoumise,
J’offre ma nudité, mais je conserve au doigt
Ce bijou que jamais tu ne m’enlèveras,
Gage de cet amour dont je fus la promise.
Je me baigne en son eau, je me brûle à ses feux,
Et mon âme s’irise et s’embrasent mes sens,
Il est toi mon amour, impossible présence,
Je me hais, les déteste, je t’aime et te veux …
Je t’implore le jour, je t’implore la nuit,
Qu’importent les parures qui ornent mon cou
Ton solitaire au doigt je garderai le goût
De ta peau sur ma peau, de l’or qui m’éblouit.
Quand au petit matin j’oublierai cette femme
Que je m’endormirai, plus glacée que jamais,
Dans l’écrin de soie bleue ton diamant déposé
Attendra que la nuit lui redonne son âme.
Lors, vêtue des tenues les plus affriolantes,
Je fermerai sur toi les portes du passé,
J’occulterai l’image de nos draps froissés,
Poursuivant sans répit mon étoile filante.
Duo composé avec Jena pour le défi http://www.poesieland.fr/
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