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Dans le fiel du temps qui s’éteint
Au simple rêve, au fol espoir,
Se tait la page de demain
Du recueil écrit chaque soir,
Et l’on sait ce mystère en soi
Livré au brouillard impalpable
Du projet qui ne se conçoit
Par un don rendu incapable.
Que cachent nos impossibles
Aux frontières des aléas
Où se pose le choix pénible
Qui délimite nos débats ?
Pourrons-nous jamais entrevoir
La profondeur de notre force,
L’étendue de notre savoir,
Cette vie qui bat sous l’écorce ?
Alors qu’il nous faut renoncer
A l’aventure si souvent
Comme l’abandon annoncé
D’un morceau d’âme dans le vent.
Oui, nous n’aurions pas assez même
De cent saisons pour nous connaître
Puisque du grain que nos pas sèment
Une part meurt avant de naître.
1 Décembre 2008
Myosotis
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