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Pour allumer quelques cierges d'espoir,
la plume coure le papier, et le tâche de noir.
J'écris pour la mémoire, pour le titre posthume,
que laissera sur mes traces, une petite plume.
A chaque mot tracé, je prends l'encre en mon sang,
perfusion de fantasmes, d'amour et de haine.
Elle s'étale ruisselante, coulant de mes veines,
pour prendre forme en mots, en phrases et en instants.
J'écris, oui j'écris, et alors j'en ai le droit,
je n'ai pas d'ambition, je n'ai que mon bon droit,
de pouvoir pisser de moi, toujours une écriture,
qui n'a d'autres objet, que grande sinécure.
Quand la vie se fait morne, et pleine de violences,
quand elle vous laisse à poil, seul, tout en souffrances.
J'écrirais, encore et toujours, sur la mort, sur l'amour,
sur la vie, enfiévré, sur la peau de ton corps.
Ecrire pour rester, quelque part, toujours,
et pouvoir aujourd'hui, demain, accoster d'autres ports.
J'écris pour rêver, imaginer d'autres libertés,
rejetter l'unique pensée, qui me donne la nausée.
Je coure mon stylo, jour aprés jour, mot aprés mot,
et je déchire la violence de tous les oripeaux.
J'écris pour l'aveugle, j'écris pour le mendiant,
pour la femme abandonnée, seule avec ses enfants.
Pour cet homme loin de chez lui, qui a fui la misère,
matraqué, menotté, jeté dans un charter.
Pour l'enfant pleurant, qui cherche ses parents,
pour cette femme de Gaza, berçant la dépouille de son enfant.
En pensant à ce père de famille, mis à la poubelle,
parce qu'au CAC 40, il n'était pas fidèle.
Regardant cette fille perdue, qui arpente le trottoir,
son corps meurtri, exploité par un ignoble salopard.
A la vie, à la mort, à l'amour, à la révolte citoyen,
que nos coups de gueule, coulent sur les murs des villes.
Qu'ils emplissent les ruisseaux, écume d'alexandrins.
Nous n'en finirons donc jamais, d'être toujours serviles.
J'écris, tu écris, nous écrivons, car tous nous vivons.
Nos mots s'enchainent, nos passions se déchainent,
nos appels au secours, ne sont que mots d'amour,
de toutes nos mains, sur le même parchemin.
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