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Tout petit j’avais l’habitude de te voir
Dans le jour qui se lève et se couche au soir
Tout petit je te trouvais déjà si belle
Quand derrière ton voile je sortais du réel
J’ai longtemps vagabondé dans ton sommeil
Mis une sourdine pour ne pas que tu t’éveilles
Hélas ! Sans le savoir je t’ai émerveillée
Sans m’apercevoir, la poésie j’ai réveillé
A mes débuts, certains m’ont pris pour un sot
D’autres encore en moi ont vu un Picasso
Au fond je n’étais qu’un grillon griot
Qui dans l’obscurité a su chanter haut
J’ai un cœur qui inlassablement donne
J’ai épousé la Muse, le sensible Automne
Sur ma feuille blanche quelquefois résonne
La plume et les rimes qui changent la donne
Tu sais, je viens pour défier la scène
Représentant de la couleur noire ébène
Mû par une force, une douce puissance
Qui fixe l’avenir de chacun à sa naissance.

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