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J'ai monté, de bric et de broc, des barricades de fortune,
escaladé des estrades, pour y crier de décrocher la lune,
noirci du papier, avec des mots qui voulaient s'envoler,
rassemblé des femmes, des hommes, dans la noirceur des ateliers.
Ah oui, ensemble on en a mis des coups de pied au cul,
on est monté au front, à coeurs et à corps perdus.
Embarqués sur le même bateau, son étrave fendant l'écume,
du système, des morales, des logiques d'avenirs posthumes.
On était tous capitaines, et de vaillants marins,
tournant le gouvernail, ramant de toutes nos mains.
A chaque port de luttes, embarquaient, débarquaient de nouveaux équipages,
selon leur volonté, de vouloir laisser passer, ou d'attendre l'orage.
Pendant toutes ces années, nous avons vogué sur les océans de fraternité,
pris dans les tempêtes, ralentis par le calme, et sur les rives échoués.
A chaque fois le vent de nos espoirs faisaient gonfler les voiles à les faire craquer,
et nous embarquions de nouveau, vers de providentielles libertés.
Ce bateau était notre bastion, ses soutes pleines à craquer,
ballots de libertés, sacs d'amitiés, provisions de dignités.
C'était le navire joyeux, merveilleux, de ceux qui rament debouts,
il pouvait embarquer dans sa coque sans fond, tous ceux pour qui la vie, ne se vit à genoux.
Et puis un jour est venu, ou j'ai mis pied à terre,,
je l'ai laissé partir, voguer vers d'autres mers.
Un coup de blues, un trou, un grand néant dans l'espoir,
des questions par milliers, un vieux goût de trop tard.
Depuis ce temps, anxieux, je l'attend tous les soirs,
le sac sur l'épaule, j'ai trouvé dans mes poches encore un peu d'espoir.
"Oh là capitaine, un homme veut revenir, veut rejoindre l'équipage"
On veut encore de moi, je saute à bord, je repars comme un gosse, vers d'autres rivages..........;
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