|
On rangera cette histoire au rayon des faits divers,
mais un enfant est tombé, sur le trottoir, hier.
Dans la nuit, à Paris, filet de sang sur le bitume,
sa vie s'en est allèe, pour du hasch, pour des tunes.
Une main du même âge, atrophiée par une lame,
lui a percé le ventre, lui a fait rendre l'âme.
Dans cette nuit d'hiver, l'avenir a tué l'avenir,
un enfant est mort, l'autre emprisonné, deux hommes en devenir.
Il y avait la foule, autour de cette horreur,
les gens se bousculaient, pour être au premier rang.
Ce drame alimentait, la parlote du moment,
et la télé est là, on passera au vingt heures.
Dans cette foule hirsute, un édile est passé,
et au courant de rien, il a tout commenté.
Et prés du corps gisant, de l'enfant encore chaud,
le menton en avant, il a plaidé...pour plus de vidéo.
Quel est donc ce monde où nous pataugeons?
Qui fait mourir ses gosses, et naître des démons,
un monde d'argent facile, de violences et de compétitions,
un monde ou toute vie, ne vaut même plus un rond.
Je pleure cet enfant, et jamais, je ne me résoudrais,
à la mort d'un gosse, classée en fait divers.
Je pleure ses parents, et puis je gueulerais:
"ça suffit, arrêtons cet enfer"
|