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Par un matin d’été, sur un navire infâme,
Habillé de kaki, des clous sous mes chaussures.
Dans les exhalaisons de maintes vomissures,
J’ai laissé sur le quai, le parfum d’une femme.
Sur les flots infinis, escaladant les lames,
Avance le bateau vers la sombre aventure
Où sombrent mon enfance et mon rêve immature,
Où tintent les épées, flottent les oriflammes.
Vers le son du canon qui éventre la terre,
Je vois vers l’horizon ces flammes délétères
Où tout espoir s’éteint, où l’amitié se meurt.
Pendant que, quelque part les vautours s’enrichissent,
Un enfant allongé n’entend plus les clameurs,
Et la haine et la peur s’écoulent sur nos cuisses
***
A la Fille Mère
Pour ton amour bafoué
Quand tu te croyais reine
Pour ton corps immolé
A la couche païenne
Pour tous ces doigts tendus,
Appelant la sentence
Pour ton corps devenu
Femme dans la souffrance
Je t’aime
Ce ventre qu’on voulait
Purifier de l’offense
Pour l’être qui vivait
Né de ta déchéance
Pour ceux qui t’on chassée
Au nom de Notre Père
La tendresse effacée
Dans les yeux de ta Mère
Je t’aime
Pour ta fuite éperdue
De biche, qui surprise
Par le temps des battues
Sous le fer agonise.
Pour ton ventre blessé
Pour qu’une autre vie naisse
Par ton corps déchiré
Déjà toute caresse
Je t’aime
Par les heurts du passé
Qui peu à peu s’éteignent
Pour nos poings desserrés
Pour nos mains qui s’étreignent
Pour tes erreurs d’enfant
Qui te font plus humaine
Aux fautes de l’enfant
Que les gros temps ramènent
Je t’aime Ma Mère
S. Cottin 2007
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=batoding
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