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J’ai adoré le dieu
Des amours passagères
Où l’on pose les yeux
Sans poser sac à terre.
J’ai toujours eu le goût
Du navire en partance
Qui mêle en ses remous
Et la mort et la chance
Et dont l’étrave fend
Les rêves de l’enfant.
M’arrive- t’il que je t’oublie
Je vis chaque matin
Comme un nouveau poème
Comme un nouveau destin
Comme un autre je t’aime.
Chacune de mes nuits
Est un peu plus profonde
Monstrueuse d’ennui
Comme une fin du monde
Et qui m’enfante en vain
D’autres jeux, d’autres seins
M’arrive- t’il que je t’oublie
En parcourant le temps
J’ai couru dans le vide,
J’ai traversé les gens
Comme une plaine aride
Sans jamais m’arrêter
Près d’un triste sourire.
Sans jamais me donner
Pour un éclat de rire
Et je suis resté sourd
A tous ces cris d’amour
M’arrive- t’il que je t’oublie
Tu as cherché ma main,
Moi, j’ai marché sans trêve
Laissant sur mon chemin
Les cendres de ton rêve
Pour cette liberté
Dont s’abreuvent les braves
Pour cette liberté
Qui me fit son esclave
Sans pouvoir à t’aimer
Ne m’en désenchaîner
M’arrive- t’il que je t’oublie
Parfois je te revois
Tu as séché tes larmes
Oubliés tes émois
Tu as rompu le charme.
Ton enfance à grandi
Jusqu’à devenir femme
Je ne suis qu’un oubli
Dans un pli de ton âme
Pas le moindre soupir
Pas même un souvenir .
M’arrive- t’il que je t’oublie
Vains sont les mots, s’ils sont
Un retour en arrière
Jamais ils ne refont
De l’ombre la lumière
Il n’est pas de remord
Qui rende l’espérance
Ni de regret si fort
Qu’il redonne une chance
Aucun amour perdu
Ne t’est jamais rendu
Faudra- t’il qu’un jour je t’oublie
s.Cottin 1996
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