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J’ai vécu au pays enfanté des montagnes
Qui savent de toujours chanter au vent d’Espagne
Et j’ai la souvenance en rêves éphémères
De ces étés au cœur d’enfance imaginaire
J’ai vécu dans les champs où l’on sème le vent
Sourire féminin à l’offrande incertaine
Et j’y voyais déjà le gris d’un ciel de traîne
A l’instant d’y cueillir un amour de quinze ans
J’ai vécu, je le crois, à l’envers du décor
Du côté apaisant d’une vie sans mystères
Aurais-je du chercher ce graal que l’on espère
Pour vivre sans regrets d’en mériter le sort
J’ai vécu tout autant le futur et l’avant
Nostalgie épurée en doucereux passé
Ou fuite programmée de mes espoirs fanés
En oubliant que l’âme me savait au présent
J’ai vécu… Il est tard pour se dire inutile
Encore adolescent, ces pensées nous animent
Mais au vieillard tremblant, quand les doutes le minent
Il n’est pas de secours, il n’est plus d’évangile
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