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27.12.1999 C 44 p 41
EPITAPHE A MON SIECLE.
Jules Ferry t’avait offert la République,
Précisant que la France était « une » et « laïque ».
Séparation de l’Eglise et de l’Etat !
Pour toi, siècle naissant, c’était un coup d’éclat.
L’homme fut du bétail, la terre un cimetière
Avant, autant qu’avec le thermonucléaire,
En quatorze – dix-huit, trente-neuf – quarante cinq !
L’avion supersonique a remplacé le « zinc ».
Soixante huit a flambé, vif comme un feu de paille,
La matraque est partout, la paix n’est pas de taille.
La lune fut souillée et Mars attend son tour,
La conquête du monde est à l’ordre du jour.
La peau, la foi, le fuel, la liberté …, l’atome,
Ont costumé la guerre au nom des droits de l’homme,
Du Golfe à l’Algérie et de Prague à Cuba,
Malgré King et Gandhi, Jean-Paul II, Mandela.
Tes « grands » sont avilis, sans idéal ni trogne :
Aux U.S.A., Pin-Pon ! En Russie, un ivrogne !
Tu enfantas Prévert ! Brassens, poète anar !
L’I.V.G., la pilule et bradas le paillard …
L’Afrique est « sidaïque » et la Chine « éveillée » …
Accoucheur de l’Europe à ta dernière année,
Mon pamphlet ne saurait pouvoir t’égratigner
Et j’aimerais, jusqu’à ta mort, t’accompagner.
Siècle vingt du sinistre et du déraisonnable,
Des progrès fulgurants et de l’insupportable,
Dis, avant de partir, au siècle vingt-et-un :
« Fais la paix dans le monde et tu seras quelqu’un ! »
J’agonis, sans pitié, certaine turpitude
Les bons côtés, sans les nier, je les élude.
Les facettes en sont bien rares à conter …
Barnard manque toujours, de cœur, à transplanter.
1er prix concours Encre Bleue à CAVALAIRE – 2001.
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