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Ca fera cette année 24 ans que tu es partie.
J'ai avancé sans toi la moitié de ma vie. J'ai fait du mieux que je pouvais
Pour te ressembler un peu tu sais
Mais combien tu m'as manqué ma mère
Aux instants les plus doux comme aux plus amers
Dans les petits moments comme dans les grands
Pour mettre au monde mon premier enfant
Dans la douleur et la peur j'ai crié : "Maman!"
Pourtant tu n'étais plus là depuis longtemps
Tu n'as pas connu mes trois bébés
Pourtant je sais que tu les aurais tous aimés.
Dans les yeux du premier lorsqu'il est né
J'ai cru reconnaître ton regard bleuté
Je ne l'ai jamais dit à personne
De peur qu'on ne pense que je déraisonne.
Ce n'était pas toi, je le sais bien sûr
Juste un clin d'oeil de la nature
Qui a offert à mon fils si cher
Le regard de sa grand-mère.
Je me rappelle le jour de ton départ
Comment nous sommes arrivés trop tard.
J'ai respecté ta volonté de ne pas te voir après
Mais dans les hopitaux faut pas trop demander
Dans ta chambre on m'a emmenée
Quand j'ai vu tes yeux fermés, j'ai cru que tu dormais
Mais ça n'a pas duré je me suis effondrée.
Fallait pas faire de bruit dans ce mouroir
On m'a entraînée loin du couloir
Combien j'ai tremblé pour avaler ce foutu cachet
Avec ce verre d'eau que mes dents entrechoquaient.
T'avais donné ton corps à la science
Tu voulais que la recherche sur le crabe avance.
Officiellement ils n'ont rien fait
Mais huit longs jours ils t'ont gardée.
Tu voulais être incinérée, c'est ce qui fut fait
Au cimetière du père Lachaise ça s'est passé
Il faisait si froid ce jour là je me souviens
Une dernière fois tu as réchauffé mes mains.
Tu m'avais dit, ne garde rien, jette moi sans regret
Pardonne moi cette fois je ne t'ai pas écoutée.
On est allés avec mon frère déposer tes cendres
Au pied d'un chêne, je le vois les répandre.
Pendant de longues années, de toi j'ai rêvé
Chaque nuit que je vivais te réssuscitait
Mais au réveil toujours le même drame
Et bien souvent les mêmes larmes.
J'ai essayé de te ressembler, de t'imiter
Faire sans toi ce que tu aurais réalisé.
J'ai achevé certains de tes ouvrages
Mais d'aller en Chine je n'ai pas le courage.
Il ne me reste que peu de temps
Si comme toi je pars à 54 ans
J'aimerais tant laisser à mes enfants
L'amour que tu m'as offert tout au long du temps.
De ces années trop courtes passées à tes côtés
L'empreinte que dans mon coeur tu as gravée.
Tu nous as aimés, choyés, guidés
Tu as su aussi nous redresser
Tour à tour louve ou brebis
Avec toi nous étions toujours à l'abri
Cet amour dont tu nous as abreuvés
Il n'y avait que toi pour savoir le donner.
Tu me manqueras jusqu'au dernier jour
Maman, je t'aimerai toujours.
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