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Le spectre d'Olympio règne sur la Grand-Place,
Aujourd'hui comme hier.
Je le vois admirant, du haut de sa terrasse,
les dentelles de pierre,
Les façades flamandes conservant l'empreinte
De son profond regard
Ainsi que les statues qu'il a si bien dépeintes
Parmi les étendards.
Je le vois rédiger ce beau texte vengeur
Violemment écrit
Sur le pâle neveu de l'auguste Empereur.
Le célèbre proscrit
Avait, non loin de là, pour consoler sa peine
Et calmer ses tourments,
Juliette Drouet, Galerie de la Reine,
Dont il était l'amant.
Cette admirable femme suivit en Belgique
L'intraitable poète.
Elle vécut, dans l'ombre, un amour nostalgique,
Lui écrivant des lettres,
Jour après jour, brûlant d'une tendresse intense,
Un fleuve issu de l'âme.
A cette crue d'amour se mêlait la souffrance
De cette jolie femme,
Car, en effet, cet homme révolutionnaire,
Cet insoumis chronique,
Luttant contre le nain qui avait mis à terre
La jeune République,
Ce vigoureux apôtre de la liberté,
Amoureux de la France
Se montrait malgré tout, étrange lâcheté,
Vassal des convenances.
Une plaque de bronze indique la maison
où vécut le poète,
Mais aucune mention ni la moindre allusion
A la pauvre Juliette.
Si l'ombre d'Olympio hante le Vieux Bruxelles,
Cette belle cité
Sera toujours baignée de l'amour éternel
De Juliette Drouet.
(Bruxelles, le 27 décembre 2000)
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