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Prends garde à toi
Ma femme faon Ma femme enfant
Des nuages se forment sans qu’on fasse attention
La pluie parfois la pluie
C’est l’idée qu’on s’en fait
Les berges blêmes du temps
La valse éparse des jours
Ont des envies d’envers
Les dents de la peur de l’être
Encore au cou de la beauté
Tu cherches à t’abriter mais de quoi donc en fait
Peut-être
De ces brumes en dentelles
Que tissent et trament les araignées du souvenir
Mes bras sont nus Ma belle
Mes bras sont vides
Ma chair comme ta chair est déchirée d’enfance
C’est s’habiller de neige
Quand on rêvait l’étuve
C’est cogner à des cages
Quand on envie l’oiseau
On ne peut espérer que ce qu’on porte en soi
Même nous les traqués Les détraqués du cœur
Même nous calfeutrés dans nos peurs de pleurer
Même nous mon amour qui nous mourons d’amour
On ne peut espérer que ce qu’on a déjà
L’auberge est espagnole où poussent nos déserts
Et c’est courir en vain de courir vers l’autre
Quand nos yeux sont d’orage
Et j’aurais beau bâtir des abris de tendresse
Aux sommets ignorés d’ambitieux baobabs
Creuser des grottes d’or où dormir enlacés
Que veux-tu que je fasse aux fantômes d’hier
Prends garde à toi
Ma femme faon
Des nuages se forment où sont levés les vents
4 février 09
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