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Comme le temps tu avances sans bruit, sans retard,
Ne sachant cerner cette notion qui régit avec exactitude
L’ensemble de l’univers, concept scientifique à l’épreuve,
Illusion d’immortalité, perpétuel mouvement de fleuve,
Loin des cris de la maladie ou de ceux propres à la servitude,
Tu acceptes ta condition imposée en leçons forcées,
Glisse à risque sur la pente d’une déferlante philosophique,
Vague qui efface les menaces, sables mouvants, piège mortel,
Glouton digérant dans sa panse tes prévisions intellectuelles
D’un bientôt inévitable où tu quitteras la vie active pour te consacrer à la décrépitude,
Dès lors, par chance, tu perçois l’évidence du bout des choix,
Une timide vérité malaisée à étreindre,
L’imaginaire fertile doit rejoindre l’analyse,
Isoler ce lien étroit qui se profile entre le penseur et le reste,
La matière et l’espace dans un angle de fuite,
Histoire éphémère d’une rencontre fortuite,
La vitesse et le poids s’échappant de l’endroit.
Sur l’échelle de l’humanité tu ne dureras pas, pourtant rien n’est perdu,
La mort, la vie, les astres, l’espérance, le concret, tout s’équilibre, disparaît, renaît
A la façon d’un garde-manger, théorème de récurrence
Qui, jour après jour, se remplit sans action établie,
Acteur, tu deviendras observateur d’un système rodé depuis des millénaires,
A te demander dans quelles exactes circonstances,
Le morceau de puzzle qui te correspond rejoindra ce placard,
Le néant où tout débute et tout fini,
Incroyable fiction jouée sur l’écran de tes pensées,
Le film de ton existence ou plutôt la série morcelée
De mois courts et comptés annonçant ta résurrection,
Prémices du futur, réminiscence du passé,
Sous forme d’énergie probablement allouée à un autre toi-même,
Insensé discours que le retour du vivant décédé,
Appréciable mutation, mesure de la destinée à travers les âges,
Méthode utile au fou savant, découvreur éveillé,
Intelligence à vif, chamane voyageant au delà du possible
Qui, à la frontière des mondes, fournit l’effort pour accéder au mélange des genres,
L’instant ne déployant toute sa dimension que lorsque le touchable lui rend sa légitimité,
A sa place, il prend part à la bonne marche du mécanisme,
Rouage de l’invisible, le tout qui ne s’arrête jamais.
Yvan Racine Courtois
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