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Rêve meurtri
Les cuirasses de bronze nous attirent
Au petit matin glacé une fleur s’étiole
Un guerrier obscur avance sans fléchir
La pensée est là, au firmament du viol
Le conquistador s’enivre au visage grave
La nuit happe la vie d’une belle solitude
Il arrache les ailes de sa nouvelle esclave
Sueurs, désir sans vie, vide décrépitude
Le temps interne cet amour, cave martyre
L’innocence bleutée jamais ne se méfie
Ici le conquistador humilie sans soupirs
Où seul Satan cueille les fleurs évanouies
Fine peau d’or qui se meurt au rêve meurtri
La terreur efface son goût, la liberté du vent
Il ne reste que l’esprit brutal sur le cristal durci
Faisons que les pavots s’insurgent à l’ardent
Les pétales s’envolent dans un tourbillon
Le pourpre se déclare, la vie s'enflamme
Les fenêtres libèrent les angoissantes prisons
Une femme murmure le chant de son âme
(À une amie, en son rêve coquelicot)
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