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Voici le printemps qui défroisse les ailes des libellules
Dont les œufs bourgeonnaient aux rameaux aquatiques
L’étang se réveille, polit son miroir, les roseaux gesticulent
Voici le printemps, et Général Hiver qui recule.
Les brins d’herbe se colorent, d’un vert pur, ondoyant
En dépit des assauts, déchaînés, des armées de la brume
Un peu tôt encore pour y oublier l’âpreté du bitume
Mais l’hirondelle se parfume déjà, aux effluves du vent.
Voici le printemps, il éclate aux jardins
Les habille d’une parure aux reflets multicolores
La vie reprend ses droits, refleurit les chemins
Où ne passait que le convoi des remords.
Voici le printemps, regarde le ciel, Ô quel azur !
Vois comme il t’offre la grâce d’un éclat si pur
Je l’attendais avec toi, et je l’accueille, solitaire
Voici le printemps, dis-moi, que vais-je donc en faire ?
A Nous Deux, d’un même élan passionnel
Nous l’aurions décliné, majestueusement,
Sans toi, sais-tu, toute l’amertume du fiel
Gélifie mon cœur d’un indicible tourment.
Voici le printemps, que toi, au moins, il te sauve
Je suis perdue, hélas, dans la grisaille tenace
Prisonnière engourdie, au nid d’une virtuelle alcôve
Sans fenêtre, sans clef, oubliée du temps qui passe.
Voici le printemps, que le bonheur te poursuive
Mon âme reste en hiver, de l’autre côté de la rive
Ectoplasme en cavale sur les eaux du passé
C’est la faute à l’amour, qui m’a désintégrée.
Voici le printemps, et sais-tu, quand même
Qu'avec le printemps toujours autant je t'aime !

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