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Calicia est née, un soir de tempête
Des bleus à l’âme, un chagrin plein la tête
Des amours d’un Bourdon et d’une Libellule
Calicia est née, sur un tapis de renoncules.
L’étang crépitait sous les braises de lune
Des lucioles diamantaient sa chevelure brune
Les roseaux se courbaient, chahutés par le vent
Qui les poussait, tyrannique, à la révérence
Mais Elle n’en demandait pas autant
Petit fleur, échappée de la souffrance.
Calicia est née au jardin des nymphéacées
Mi-Libellule, Mi-Femme, créature insolite
Toutes les Fées sur son berceau, penchées
Ont couronné son front d’éclats de pépites.
Gardienne des lieux, elle s’incline sur l’eau
Le soir venu, toute vêtue de mousseline
Les buissons, muets, tendent les bras si haut
Pour tenter de frôler sa grâce mutine.
Calicia-Reine de l’univers aquatique
Survole le miroir, dès l’onde endormie
Puis s’arrête un instant, dans un élan nostalgique
Sur un pâle nénuphar, par son image attendrie.
Tout doucement, elle s’y pose
Et tout au bout de la métamorphose
Calicia s’abreuve aux perles d’oubli
En regardant le ciel, où l’avenir gémit.
Fille de l’Amour infini,
Calicia s’efface à l’aube naissante
Sur le coussin vert, elle s’allonge sans bruit
Tandis que la lumière déshabille de nuit
Le firmament, d’une pudeur évanescente.
Calicia est née, un soir de tempête
Des bleus à l’âme, un chagrin plein la tête
Des amours d’un Bourdon et d’une Libellule
Calicia s’endort, sur son tapis de renoncules.
Boire le Calice, jusqu'à la lie !
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