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LE cèdre ,millénaire,ou le chêne noueux,
Torturés par la foudre,aux troncs noirs,caverneux,
Des anciens, oisifs,Sont arbres à palabres,
Et,des tyrans cruels ,les potences macabres.
MON arbre;dès l'automne;en cimaises,en cintres,
Offre un choix radieux de palettes aux peintres.
Il propose ,aux lissiers,des cartons flamboyants
Et souffle aux troubadours,les complaintes des vents.
Aux enfants du soleil,il prête son ombrage
Et,quand roule l'averse,un écran de feuillage.
Pour le biset,la grive,il est antre et perchoir:
De ses rameaux cossus,leur nid ne saurait choir.
Du taciturne,il est refuge arbre-cachette,
De l'écureuil,arbre à dessert,cache-noisette,
Pour le rê^veur,le confident,,arbre-boudoir,
Pour le limier,pour le voyeur,arbre-miroir.
Il est bien plus joli que l'arbre de Judée,
Le tilleul de ma cour,irisé par l'ondée!
Il est plus glorieux que l'arbre de Jessé,
Témoin enluminé d'un glorieux passé,
Le mien!mon arbre à mots!J'en use et j'en abuse.
C'est mon doux arbre à coeur!à secrets,arbre-muse,
Perle de mon manoir présent de mes aîêux,
Celui qui m'inspira ce poème ligneux!
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