|

ballade
Vous qui vous pressiez, autrefois,
Mes preux chevaliers, mes servants,
Pour mettre à mes pieds vos émois
Et tous vos délires fervents,
Sur quels nuages, sur quels vents
Avez-vous fui ? O sortilège !
Aucun ne peut voir, à présent,
Sur mon front ces cheveux de neige.
Ils se sont flétris à la fois
Mes appas, mes charmes brillants,
Mon adorable et fin minois,
M'abandonnant, ces défaillants,
A la vieillesse qui m'assiège
Et qui tisse, - ils sont effrayants -
Sur mon front ces cheveux de neige.
Sur moi quelques regards narquois
Sans me voir s'attardent, pourtant
Eros a sorti son carquois :
J'ai de nouveau le coeur battant
Comme un amoureux débutant,
Et je me laisse prendre au piège :
Je tends mes bras en oubliant
Sur mon front ces cheveux de neige.
Envoi :
O ciel ! Rendez-moi mes printemps,
A l'envers, tournez le manège
Pour que s'envolent à l'instant
Sur mon front ces cheveux de neige...
* MONA
|