Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

LES ECUREUILS DEVENUS LES GLANDS

le vendredi 13 mars 2009, à 22:54. Posté par Joël Heirman





    L’économie mondiale est-elle un trompe-l’œil ?
    Le chêne donne des glands, monnaie de l’écureuil,
    Mais quand il perd ses glands aux pourceaux de la bourse,
    L’écureuil est le gland ; il n’est plus dans la course.

    Un jour il arriva, dans un petit village,
    De robustes paysans vivant de leur ouvrage,
    Un homme aux quatre épingles qui vint leur proposer
    D’acheter tous les singes qu’ils pourraient capturer ;
    Cet homme les prendrait à dix euros la pièce,
    Il s’en contenterait, peu importe l’espèce.
    Jamais un seul d’entre eux ne se posa question
    Et sans le moindre doute, ils lui prêtèrent caution.
    Pourtant, me direz-vous, c’est une idée étrange ;
    À tant vouloir de singes, on ne peut être un ange :
    Le singe ne se mange et il ne se tue pas,
    Il ne travaille pas et il n’a pas de droits !
    Il souffla sur les lieux un vent de panurgisme,
    Tous ces moutons bêlant, pour l’homme et son charisme,
    Qui changea le village à cette simple annonce,
    Parlant comme un pontife ou bien un de ses nonces.
    Enivrés par l’argent, pas un des villageois,
    Ne manqua cette manne, coururent dans les sous-bois,
    Enlevèrent tous les singes vivant aux alentours :
    Tels de funestes rapaces, engeance de vautours !
    Et les malheureuses bêtes sonnantes et trébuchantes,
    Par cette humanité, avide de la rente,
    Sortaient de leurs filets, pour entrer dans des cages,
    Au terme de ces rafles, provenues d’un autre âge.
    De retour au village, l’affaire fut conclue,
    Les primates furent vendus, par tous, l’argent perçu.
    L’homme en voulut bien plus et on continua.
    Les singes à l’ombre, leur nombre ainsi diminua
    Au paradis perdu, qu’ils aimaient tant jadis,
    Avant que ces cons d’hommes, pour l’argent, pervertissent
    L’amour de la nature et pour sa réciproque
    Le dédain de l’argent, gagné de leurs breloques.
    Un beau jour advint ce qui devait arriver ;
    La chasse de ces singe devenus rareté,
    S’avéra moins rentable. Il fut alors plus sage
    D’abandonner cela pour reprendre l’ouvrage.
    L’insatiable homme aux quatre épingles, surenchérit :
    « Les singes sont moins nombreux, je double donc leur prix !
    Comme veut le principe de l’offre et la demande
    Travaillez pour le mieux, je vous le recommande.»
    Cupide l’homme est faible, il reprit donc la chasse ;
    Quand on parle d’argent, il perd toute sa classe.
    La nature l’a fait, elle est sa propre mère
    En vendant tous ces singes, il vend un peu ses frères.
    Quand il n’y eut plus singe, l’homme leur déclara :
    « J’ai quelqu’affaires en ville, je reviens dans un mois,
    Capturez-moi des singes à quatre-vingts la tête,
    Je laisse mon assistant, qui est le plus honnête
    Le meilleur conseiller et collaborateur.
    Bonne chance à vous tous, vous êtes des gagneurs !
    À quatre-vingt euros, le singe fut mis à prix,
    Les villageois cherchèrent, mais ils avaient tout pris.
    Ils rentrèrent bredouille et croisèrent l’assistant,
    Qui constatant leur mine, se montra rassurant :
    « Ne faites pas cette tête, il n’y a pas mort d’homme !
    À quatre-vingt la tête, imaginez la somme
    Que des milliers de singes, pourraient vous rapporter.
    Mon patron est parti, mais il vous a promis
    De payer quatre-vingts, voici mon compromis :
    Si je vous vendais ceux qu’il vous a achetés,
    Dans un mois jour pour jour, vous lui revendriez,
    Croyez-moi mes amis, à quatre-vingts la pièce,
    En concluant l’affaire, vous trouverez richesse. »
    Un chasseur demanda pour pouvoir fédérer :
    « Le calcul est très simple, le gain est assuré,
    Nous connaitrons fortune, sois béni mon ami !
    Mais dis-moi franchement, par singe, quel est ton prix ?
    _ Soixante euros par singe, vous aurez quatre-vingts !
    _ Où trouver cet argent ? Nous n’sommes que des vilains,
    _ Donnez en gage, hypothéquez et empruntez
    Le gain est assuré sans équivocité ! »
    La transaction eut lieu, tous les singes furent vendus
    À leurs propres chasseurs qui étaient convaincus
    Que l’homme aux quatre épingles, reviendrait de la ville.
    Il tarda à venir et l’assistant subtil,
    Partit à sa rencontre et ne revint jamais,
    Les singes furent relâchés, les villageois ruinés.

    Maintenant cher lecteur, imagine un instant,
    Qu’au chœur de cette fable, on troque les habitants
    Par quelques banques mondiales, les subprimes oublions !
    Derrière chaque trader, il y a un démon ;
    Celui du jeu c’est sûr, mais nos contemporains
    Pour le petit client qui ne compte pour rien
    Font peu de cas du sort de ses économies
    La cigale a pris le pouvoir ; pauvre fourmi
    Car son petit pécule barbote dans l’océan
    De l’argent virtuel, brillant au firmament :
    Aujourd’hui, les Etats se torturent les méninges
    Pour avoir toléré cette monnaie de singe.

    Gardons-nous les amis de paraître ingénus,
    Au cours de chaque crise, beaucoup tombent des nues ;
    Ceux qui viennent en sauveur, en sont parfois la cause
    Et sont les beaux parleurs ; on en sait quelque chose.
    Le pompier incendiaire en est une belle image,
    Douter de toute chose est source de quiétude
    Et je garde du droit un bien fameux adage :
    Nul ne peut prévaloir ses propres turpitudes.

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
tdbxjkl le mercredi 25 janvier 2012, à 17:35
NdnsWc <a href="http://ttnbtkjazopq.com/">ttnbtkjazopq</a>, [url=http://nkfjfkhlbcxn.com/]nkfjfkhlbcxn[/url], [link=http://erzvdrqgxxnp.com/]erzvdrqgxxnp[/link], http://sooxdsmqbbqe.com/

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet