|
Nul astre ne luisait en cette nuit d’hiver,
À quelques pas du Faisceau long d’un réverbère,
Dans cette obscurité parvenait la lumière
Et par une insomnie, du chaud de ma chaumière,
Emu comme l’enfant qu’on amène au manège,
Je jouissais observant, tomber la blanche neige.
Les étoiles qu’offrait le ciel, étaient faites de cristal ;
Céleste apanage d’une nuit hivernale.
Ce ballet de flocons épaississait le sol,
Dissimulant la ville en dessous du linceul
De cette joie funèbre qu’offre parfois l’hiver
Au cours de certaines nuits, sous l’astre Réverbère.
Mais alors à l’aurore, la ville eut nouveau teint,
Le lyrisme de l’hiver montrait ses vierges instincts ;
Que la mort serait douce si tout était si lent
Qu’au chœur de cet étincelant paradis blanc.
On marche sur la neige qui craquelle sous soi,
La froidure griffe de ses pics chaque doigt ;
On glisse, on chute, on tremble, ensuite on se rassure :
Quand le revient le printemps, que renaît la nature,
On se dit pour l’année, comme pour chaque jour
L’hiver est donc la nuit et l’été est le jour.
Joël Heirman
|