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Les pions noirs et pions blancs se déclarèrent la guerre ;
Les blancs à l’offensive, marchèrent vers l’ennemi
En phalanges hoplitiques, de pitié ils firent fi…
Et dans les corps-à-corps, les premiers pions tombèrent…
Les cavaliers ensuite, s’affrontèrent sur le champ
De bataille. Les couples royaux, à l’arrière du front
De ces hostilités, suivaient la progression…
Il y avait des pertes égales dans les deux camps…
Deux cavaliers périrent avec leur destrier…
Une tour du roi blanc, tomba sous l’ennemi…
Belliqueux sous le feu, les fous prirent part aussi
Au carnage de Mars, Ils avancèrent en biais…
Les deux rois apeurés demandèrent à leur dame
De tenter quelque chose, pour sauver leur royaume…
Pendant qu’elles se battaient, eux chantaient quelques psaumes…
Tous les pions ad patres, seuls se battaient deux femmes
─ Les deux couards de monarques, placèrent en elles leur foi ─ ;
Plus un seul cavalier, tout juste un ou deux fous
Et aux extrémités, encore deux tours debout.
La lutte entre les reines pour protéger leur roi
Dura un bon moment, mais un' fut acculée
Au pied d’une tour noire et par un cavalier
Reçut le coup de grâce. Au milieu du charnier,
Le roi blanc et son fou, tentèrent de reculer,
Mis à mal en échec, rien ne put les sauver ;
Tous deux étaient cernés. Le fou fut mis à mort,
Le roi demanda grâce, malheureux Matamore ;
Traité de paix : échec et mat sur l’échiquier.
Joël Heirman
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