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Quelques planètes riaient entre elles
En voyant le soleil briller ;
Briller sans cesse, briller pour elles,
Pour que toutes puissent scintiller.
« Regardez-le s’exténuer
Pour à nous toutes distribuer
Notre pitance d’ultraviolets !
_ Oui dans un sens, c’est un valet !
_ Il se fatigue à ce labeur
D’illuminer avec ardeur
Ce qui l’entoure c’est son boulot
En la bouclant pauvre astre idiot !
_ Etinceler est son affaire
Mais nous autres avons mieux à faire ! »
Les huit planètes déblatéraient,
Alors que lui seul rayonnait,
Mais des rayons plus en plus forts,
Leur signifiaient quelles avaient tort
De dénigrer celui qui luit
Et grâce à qui elles sont en vie :
« Rappelez-moi, dites moi très vite
Qui est le centre de votre orbite ? »
Elles répondirent : « C’est vous bien sûr !
_ On est d’accord… dans le futur,
Ne parlez plus entre planètes
Que de sujets qui vous inquiètent
Car pour vous-mêmes des satellites
Dans votre orbite eux-mêmes gravitent,
Sans que diatribes ne les assaillent.
Briller n’est pas pour moi travail
Et c’est en soi assez risible ;
Sans moi vous ne seriez visibles.
Epargnez-moi votre arrogance,
Oubliez la condescendance
Avec laquelle vous me jugiez
Et tout sera vite oublié !
Occupez-vous de votre sort,
En attendant tournez encore.
Elles rougissaient à l’attitude
Qui trahissait leurs turpitudes.
Il est des lois qu’on ne déroge
Et les faux rôles que l’on s’arroge
Viennent aisément démasquer
Celui qui s’en est affublé.
Joël Heirman
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