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À tout bon précepteur,
Il faut quelques valeurs.
Morale ne s’enseigne,
Que par ceux qui la craignent.
L’imposant Eléphant
D’un esprit bon enfant
Interpella des faons
Qui se rafraîchissant
Dans l’onde d’un cours d’eau,
Raillaient une poule d’eau :
« Allons donc mes amis,
Laissez donc cette pie,
Croyez que par ma taille,
Personne ne me raille !
Et chose heureuse pour vous
J’n’y trouverais aucun goût,
Lança la grosse bête.
Un faon à forte tête,
Et à l’esprit malin
Lui dit avec dédain :
_ Vous êtes bien malvenu,
Vous-même prétendu
Colosse de la Savane
Et moraliste profane,
De faire la leçon
À nous autres Limaçons :
Vos défenses d’ivoire
N’ont vraiment rien à voir,
Au pouvoir de défendre
Que vous tentez de prendre.
Et si je ne me trompe
Vous circulez en pompe,
En troupeau lent et fier
Avec vos congénères,
Mais quand une souris
Soudainement surgit,
C’est la panique dès lors,
Arrête-moi si j’ai tort !
Or vous seriez de taille
À faire qu’elle s’en aille ! »
Le pachyderme bafouille
Ehonté de la trouille
Qu’il a, comme ses semblables,
Pour un rongeur capable
De lui faire clouer le bec
Devant ces petits mecs.
Un silence se fit,
Et sachez les amis :
La poule d’eau s’envola,
L’éléphant détala.
Joël Heirman 
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