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Un fort bel étalon
Extasiait les juments,
Beau, grand, fort et charmant,
Jamais tel Apollon,
Au grand dam de ces dames,
Ne séduit nulle femme
Autre que sa compagne ;
À toute autre saillie,
Fidèle, il y faillit
Et on l’eût mis au bagne
Ou à la boucherie
Pour qu’il offrît son jus,
Mais ce sot que nenni
Lui conservait son dû.
Sa Belle, craignait pour lui,
Imaginait son sort,
Le voyait déjà mort,
Le sauva malgré lui
Acceptant la saillie,
D’un prétendant plus laid :
Un vulgaire Baudet.
L’Etalon fou jaloux,
N’accusa pas le coup.
Accepta chaire lie ;
Jamais il n’eut tant joui !
Sa peine était très grande,
Pour vivre : fallait qu’il bande !
À ceci les amis
Retenez deux morales :
Si le plus beau cheval
Dans une boucherie,
Devait être étripé,
Il dut être cocu
Pour épargner son cul :
C’ne fut pas cher payé.
L’amour donne des ailes ?
Maîtrisez votre zèle !
À trop aimer sa Belle,
Il a chopé des cornes :
On l’appelait Fidèle,
On l’appelle Licorne.
Joël Heirman
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